E.E.L.V. : le choix de l’indépendance, mais à quel prix ?

Publié le lundi 5 décembre 2022 Rédigé par Aloïs Lang-Rousseau
E.E.L.V. : le choix de l’indépendance, mais à quel prix ?

E.E.L.V. : le choix de l’indépendance, mais à quel prix ? Le premier tour du congrès des Verts a tranché. La direction sortante, emmenée par Marine Tondelier, est plébiscitée avec plus de 40% des suffrages. Loin devant les listes soutenues par Yannick Jadot (18%) et Sandrine Rousseau (13%). Un résultat qui confirme l’indépendance d’E.E.L.V., mais pourrait n’avoir aucune conséquence sur l’image que tout ce petit monde renvoie aux Français.

Plus d’infos ?

Une plus grosse claque pour Rousseau que pour Jadot

Avec de tels scores, l’opposition que les média présentaient entre Jadot et Rousseau n’a manifestement pas influencé les adhérents d’E.E.L.V. Comme cela arrive souvent dans leurs scrutins internes, les Verts, anti-bonapartistes jusqu’au bout, coupent les têtes qui dépassent et s’assurent une direction indépendante de leurs figures de proue. Mais, à objectifs différents, défaites différentes. Les jadotistes ne souhaitaient pas remettre en question la ligne politique du parti, mais simplement assurer que la future direction soit favorable à leur poulain. Le clan Rousseau, en plus de cet objectif similaire, souhaitait influer sur le plan idéologique. En se retrouvant troisième avec à peine le score de la motion ” Le Souffle ” ( réputée à l’aile gauche du parti, fusionnée dans cette même liste Rousseau ), c’est donc un double échec cinglant. Les militants ont dit ” non ” à la représentante, mais aussi ” non ” aux idées.

LIRE : infopremiere.fr la-triste-fin-dune-grande-amie-mylene-demongeot

E.E.L.V. aura sa liste aux prochaines européennes

Loin des échecs du bonapartisme et du bipartisme présidentiel, la direction sortante assure l’indépendance du parti sur un autre plan. Avec l’équipe Tondelier, il faudra compter sur une liste écologiste autonome aux élections européennes de 2024. Seuls, deux scénarios peuvent éventuellement contredire cette perspective. Le premier est celui d’un vote des militants, parmi lesquels l’on retrouve souvent des insoumis pratiquant l’entrisme. Bref, les mêmes qui ont voté Rousseau à la primaire de 2021.

Le deuxième scénario

Avec la direction Tondelier, la démocratie interne devrait régresser d’une manière ou d’une autre et E.E.L.V. privilégiera le sauvetage de ses douze sièges, qu’une liste unique de la NUPES émietterait nécessairement. En outre, le deuxième scénario de gauche unie serait celui d’une liste emmenée par E.E.L.V.. Le choix revient à L.F.I. de préférer la suprématie qui leur a fait échouer les législatives. Ou, encore, la stratégie politique les conduisant à reconnaître que les écologistes sont mieux placés qu’eux pour réaliser un score important à un scrutin européen.

Des critiques qui ne finiront pas de rebondir…

Par ailleurs, reconduire la direction sortante, c’est aussi faire preuve d’immobilisme d’une manière ou d’une autre. Ne pas choisir entre les lignes Jadot et Rousseau, c’est se heurter aux critiques cumulées qu’engrangent leurs hérauts. La NUPES retiendra la marginalisation de la ligne Rousseau, que beaucoup considèrent comme la seule à avoir remis en cause le capitalisme. Le reste des Français leur reprochera les frasques régulières et au fort retentissement de l’égérie éco-féministe. Mais, peut-être, que cette dualité dans les reproches n’inquiète pas l’équipe Tondelier. Peut-être estiment-ils que ce serait un moyen efficace de récupérer à la fois les déçus de Mélenchon, du socialisme et de Macron.

Un an et demi avant un scrutin

Or, ce serait oublier la percée surprise de Yannick Jadot, qui a précisément réussi à réunir ces orphelins politiques sans les vagues de buzz de son adversaire de la primaire de 2021. D’ailleurs, pendant ce temps, l’écologie politique continue de souffrir de cette ambiguïté, de cette omniprésence médiatique de personnages désavoués en interne. Tandis que l’alternative à E.E.L.V. ne semble pas s’être réellement constituée à ce stade. Enfin, gageons qu’il reste encore un an et demi avant un scrutin qui sert aussi, à tort ou à raison, d’élection ” mid-term ” à la française…

VOIR E.E.L.V. : https://www.youtube.com/watch?v=DN78WnFRHos