L’éolien, énergie qui divise jusque chez les écologistes

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Alors que l’écologie bénéficie d’une aura politique et médiatique depuis les élections européennes, le sujet de l’éolien fait débat. Y compris entre les différents partis de la nébuleuse verte.

Les riverains s’y opposent

À la toute fin du mois de février 2021, l’impensable s’est produit pour les défenseurs de cette énergie. Le Tribunal d’instance de Montpellier ordonne le démantèlement de sept éoliennes de 93 mètres installées à Lunas (Hérault). Plusieurs associations de riverains sont à l’origine de la démarche, à l’image de « Vigilance patrimoine paysager et naturel » (VPPN). Dunkerque s’était enflammée un mois plus tôt sur le même sujet : un projet d’éoliennes en mer, en pleine zone protégée Natura 2000, y est débattu par les élus. Les observateurs d’oiseaux locaux craignent la disparition de l’Oie Bernache, espèce qui a frôlé l’extinction dans les années 1970. Les communes voisines en Belgique ont même obtenu, du gouvernement belge, l’étude d’un recours sur la construction de ce parc éolien.

Les pionniers de l’écologie sont contre

Face à tant de divisions, il peut paraître naturel de se tourner vers les initiateurs de l’écologie politique. Brice Lalonde, candidat écologiste à la présidentielle de 1981 et fondateur de Génération Écologie, s’y oppose. Il rappelle notamment qu’étant donné la nécessité de compenser les périodes sans vent, 800 éoliennes seraient nécessaires pour remplacer une centrale nucléaire. Ce qui démultiplierait encore l’artificialisation des sols engendrée, puisque les champs d’éoliennes ne pourraient pas être installés sur les anciennes centrales, déchets radioactifs obligent. Le fondateur des Verts et candidat à l’élection présidentielle suivante Antoine Waechter, lui, est plus critique encore. Le titre de son dernier ouvrage, aux éditions Baudelaire, est sans équivoque : « Le scandale éolien ».

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Bientôt un enjeu électoral ?

À l’approche des élections régionales et départementales, le sujet pourrait être débattu en large et en travers. De nombreux cadres du RN s’opposent à cette énergie, mais aussi de DLF, LR ou même PS/PCF. Le parti présidentiel, s’étant bâti sur la défense de l’Union européenne et du libéralisme économique, tente de concilier ses membres, divisés selon leur origine politique. En effet, dans le même gouvernement, l’on retrouve Barbara Pompili, anti-nucléaire et pro-éolien, et Bruno Le Maire, prônant exactement l’inverse. Une chose est sûre, les hélices en béton et métal n’ont pas fini de faire parler d’elles…

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