Dissolution : inévitable et impensable à la fois !

Dissolution : inévitable et impensable à la fois !

En laissant planer la crainte d’une dissolution prochaine de l’Assemblée Nationale, que nos confrères du JDD estime certaine, Emmanuel Macron se prépare à un jeu risqué. Analyse de la situation.

La frustrante majorité relative

Après avoir perdu la majorité absolue à l’Assemblée Nationale en juin dernier, la coalition présidentielle est prise en étau entre des opposants aux exigences croissantes. Celles-ci pourraient aller jusqu’à l’intransigeance dans certaines situations. Sur le plateau de “Quelle Époque”, samedi dernier, Clémentine Autain avait bien du mal à dire dans quelles conditions les parlementaires de gauche accepteraient de voter la loi en préparation sur le développement des énergies renouvelables. De leur côté, le groupe LR se dit prêt à aider le gouvernement à réformer le régime de retraites, mais semble poser des conditions ayant conduit à repousser le projet à début 2023. Emmanuel Macron n’est pas habitué au dialogue ; il nous l’a fait comprendre, et le réalise encore davantage dans cette situation difficile. La dissolution le démange, et tout porte à croire qu’elle aura bien lieu.

Dissolution, oui, mais quand ?

Cependant, convoquer des élections législatives anticipées n’aurait aucun sens si elles redonnaient les mêmes résultats qu’en juin 2022. Pire, c’est courir le risque qu’Ensemble perde encore davantage de députés. Le dernier sondage en date, commandé par le JDD et Sud Radio, ne donne que deux points de plus à Ensemble, un de plus au RN, les intentions de vote de la NUPES restant inchangées. Pire, tous ces chiffres sont inclus dans la marge d’erreur de 3 points donnée par le sondage. L’exécutif n’a donc aucun intérêt à dissoudre fin 2022. D’ailleurs, quand pourrait-on organiser les élections, sachant que cinq semaines doivent séparer l’annonce présidentielle du premier tour ? Impossible de convaincre les électeurs d’écourter leurs vacances de noël pour retourner aux urnes.

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La NUPES dans le viseur

Pour obtenir une composition de l’Assemblée différente d’il y a cinq mois, la majorité présidentielle doit parvenir à déformer le tripartisme (NUPES, Renaissance, RN) en sa faveur. L’axe d’ores et déjà privilégié par de nombreux militants macronistes est de ne rien épargner à l’union de la gauche. Une équation difficile pour ceux qui souhaitent une réforme des retraites, marqueur à droite s’il en est. Si l’attention des citoyens reste figée dessus, une éventuelle décroissance de la NUPES profiterait davantage au RN qu’au président de la République. La meilleure configuration pour les marcheurs serait que les voix de gauche disparaissent dans une hausse de l’abstention, ce qui peut être suscité par un climat politique chaque jour plus délétère. Autant dire que ce n’est pas impossible, et que ce n’est pas comme si la tendance risquait de s’inverser…

VOIR : https://www.youtube.com/watch?v=1ZyrH-FLLvY